Marie-Joseph Guétré, nous raconte sa guerre de 1870 – 1871 en BD
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Départ de Paris, le 17 juillet 1870, à cinq heures du soir.
Cette heure sonnant, nous sortons de notre belle caserne de Reuilly, musique en tête. La foule des civils était immense, aussi ne pouvions-nous enlever nos pas redoublés comme à l’habitude, ce qui nous faisait rire assez ; car quand nous essayions de mettre l’instrument, un flux de la foule nous arrivait et nous le tirait de la bouche, aussi les accords n’étaient-ils pas bien brillants.
D’un autre côté, le sac que la Musique mettait au dos pour la première fois accablait chacun et le forçait à s’arrêter de jouer très souvent, de sorte que cette musique refsemblait plutôt à une de saltimbanques qu’à une musique militaire.
De tous les points de la foule on entendait retentir ces cris : « jouez-nous La Marseillaise », chant que nous ne pûmes exécuter, ne le possédant pas dans notre répertoire.

Poussés, bousculés par cette foule immense nous nous rendîmes de ce train à la gare d’Aubervilliers située hors les fortifications de la ville, où nous prîmes le train à 7 heures, ce qui ne nous empêcha pas de nous morfondre jusqu’à 9 heures du soir, heure à laquelle le train se mit en marche. Tant qu’il fit un peu jour, j’aperçus la foule immense accourue sur notre passage pour nous formuler toutes sortes d’heureux souhaits.
De tous côtés je ne vis que mains agitant des mouchoirs en signe d’adieu et de nombreux cris de « Vive la France, vive le 59e de ligne » étaient répétés de chaque côté.
Essai de BD réalisée avec l’IA, d’après un manuscrit retrouvé dans le grenier familial. Un cahier écrit par notre arrière-grand-père (Marie-Joseph Guétré) racontant son départ à la guerre de 1870 – 1871 jusqu’à son retour en France après 6 mois de captivité à Thorn, en Allemagne. Ces Mémoires écrites à sa soeur Léonie relatent d’une belle écriture fort lisible son périple depuis le départ des troupes de Paris pour le front, le 17 juillet 1870. Brancardier et musicien, il décrit son quotidien, la recherche de nourriture, les traversées de village, les casse-croûtes chez l’habitant, les marches incessantes. Un document Historique avec un grand H, souvent drôle, ponctué d’anecdotes savoureuses.
Mémoires d’un Prisonnier français à Thorn au prix de 18 euros TTC = frais de port.



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