Marie-Antoinette LIX a aussi fait la guerre de 1870 – 1871Une Colmarienne au destin exceptionnel
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À Colmar, au 76a Grand’rue, une plaque discrète rappelle la naissance d’une femme hors du commun : Marie-Antoinette LIX. Pourtant, son nom reste encore largement méconnu des habitants.
Née en 1839, fille d’un ancien grenadier à cheval, elle grandit dans un environnement marqué par la discipline militaire. Cette éducation peu ordinaire pour une jeune fille de l’époque forge son caractère et explique en partie son destin exceptionnel.
Très tôt, elle quitte l’Alsace pour la Pologne, alors en proie à des troubles politiques. C’est là qu’elle entre dans l’histoire de manière spectaculaire : sous une identité masculine et le surnom de « Michel le Sombre », elle s’engage comme officier dans un régiment de uhlans. Elle atteint même le grade de lieutenant, fait rarissime pour une femme au XIXe siècle.
Son engagement la conduit cependant à être capturée par les troupes russes. Après sa détention, elle est expulsée vers la Prusse. Cette épreuve marque un tournant dans sa
vie.
Délaissant un temps les armes, elle entreprend des études de médecine et obtient un diplôme d’infirmière de la Croix-Rouge. Ce choix témoigne d’une volonté de se consacrer
désormais au soin des autres, après avoir connu la violence des combats.
Elle revient en France en 1865. Mais quelques années plus tard, l’histoire la rattrape à nouveau avec la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Après la défaite de Sedan, elle
s’engage dans les francs-tireurs de Lamarche, participant ainsi à la résistance face à l’invasion.

Après ces années de guerre et d’engagement, Marie-Antoinette Lix se tourne vers l’écriture. Elle publie quatre romans, dans lesquels transparaît son expérience personnelle et son regard sur les événements de son époque.
Elle s’éteint en 1909, laissant derrière elle une vie exceptionnelle, marquée par le courage, l’engagement et une grande capacité d’adaptation.
Aujourd’hui, malgré une existence digne d’un roman, elle demeure un personnage trop peu connu des Colmariens.
Pourtant, son parcours mérite d’être redécouvert : celui d’une femme qui, à une époque où les rôles étaient strictement définis, a su tracer sa propre voie, entre guerre, exil, soin et écriture.



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