La mort d’Émile Küss à Bordeaux durant la guerre de 1870 - 1871
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Le 1er mars 1871, Bordeaux est le théâtre d’un drame silencieux mais profondément symbolique. Ce jour-là, Émile Küss, maire de Strasbourg et
député du Bas-Rhin, s’éteint loin de sa terre natale, terrassé par une crise cardiaque au cœur d’une des heures les plus sombres de l’histoire française.
Depuis plusieurs mois, l’homme s’était illustré par son énergie et son dévouement. Pendant le siège de Strasbourg en 1870, il avait tenté de défendre la ville et ses habitants face à l’armée prussienne. Mais l’épreuve fut terrible. Lorsque la cité alsacienne capitula, Küss en ressentit une profonde
douleur, mêlée d’un sentiment d’impuissance.
Élu député en février 1871, il se rend à Bordeaux où siège alors l’Assemblée nationale. Malgré une santé déjà fragile, il voulait porter la voix de l’Alsace, refusant son abandon. Mais dans la nuit du 1er mars, en apprenant que les
députés s’apprêtaient à entériner la cession de l’Alsace et d’une partie de la
Lorraine à l’Allemagne, il s’effondre. Le choc est fatal.
Sa mort, souvent décrite comme une mort « de chagrin », frappe les esprits.
Elle incarne à elle seule la détresse d’une province arrachée à la France. Deux
jours plus tard, le 3 mars 1871, ses obsèques sont célébrées à Bordeaux. Une
foule immense accompagne le cortège funèbre, composée notamment de
nombreux députés alsaciens et lorrains venus rendre hommage à celui qui avait
défendu leur cause jusqu’à son dernier souffle.
Ainsi s’achève la vie d’un homme à la fois savant et patriote, dont la disparition,
au moment même où se jouait le destin de l’Alsace, demeure l’un des épisodes
les plus émouvants de cette période troublée.
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg



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