Victoire Tinayre, alias Jean Guêtré : militante de la Commune de Paris en 1871 et écrivaine engagée
- Thierry Tareau
- 7 janv.
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Marguerite Victoire Tinayre, née en 1831, est une institutrice, militante socialiste et écrivaine engagée du XIXᵉ siècle. Toute sa vie est marquée par un combat constant pour l’éducation, la justice sociale et l’émancipation des plus pauvres, en particulier des femmes et des enfants. Institutrice de formation, elle défend très tôt une école laïque et égalitaire, convaincue que l’instruction est un levier fondamental de transformation sociale.
Son engagement la conduit à participer activement à la Commune de Paris en 1871, où elle est nommée inspectrice des écoles de filles. Après la répression de la Commune, elle connaît l’arrestation, la perte tragique de son mari et l’exil, expériences qui nourriront durablement sa pensée et son écriture.
De retour en France après l’amnistie, Victoire Tinayre choisit la littérature comme moyen d’action politique. Avec Louise Michel, figure emblématique du mouvement révolutionnaire, elle coécrit plusieurs romans sociaux publiés sous le pseudonyme masculin Jean Guêtré, afin d’être prise au sérieux dans un monde littéraire dominé par les hommes.
Paru en 1882, Les Méprisées s’inscrit pleinement dans ce projet : le roman donne la parole aux oubliés de la société — ouvriers, femmes exploitées, enfants abandonnés — et dénonce les violences économiques, morales et institutionnelles qui les condamnent à la marginalisation. Loin d’un simple récit de fiction, l’ouvrage reflète l’expérience vécue de Tinayre : la misère observée, la répression subie et l’espoir obstiné d’un monde plus juste.
Ainsi, Les Méprisées ne peut être compris sans connaître Marguerite Victoire Tinayre : une femme pour qui écrire était une forme de résistance et de solidarité.



Pour moi une redécouverte .Merci pour ce bel article